Narrow Head – 12th House Rock

Note : 4 sur 5.

Comment proposer un disque rassembleur sans tomber dans le mainstream ? Le trio texan Narrow Head, devenu quintet à l’occasion de ce deuxième rejeton semble avoir trouvé une voie novatrice en croisant des influences majeures. En effet nous avions très rarement eu la sensation d’un groupe maîtrisant à ce point les années 90 qu’en écoutant ce deuxième album intitulé 12th House Rock (2020 – Run For Cover Records / Holy Roar Records).

Et si nous parlons de disque rassembleur, c’est que Jacob Duarte et consorts ont su aller puiser des références suffisamment éloignées pour sonner neuves aux jeunes oreilles et parfaitement assimilées au ex jeunes oreilles qui ont connu la scène grunge du temps de sa gloire.

L’abondance de larsens nous met en appétit dès les premières secondes. La densité du son, la construction des morceaux, les couches de guitares lourdes et lancinantes, la basse abrupte et la batterie sèche, énergique font planer au dessus de nos oreilles les fantômes d’Alice In Chains et de Pearl Jam, les deux derniers authentiques grands pontes du grunge encore en activité. 

Côté voix un goût affirmé pour l’acrobatie et une certaine liberté vis a vis de la justesse vient placer Jacob Duarte aux côtés de Chino Moreno, contribuant ainsi à faire de Narrow Head une sorte de Deftones qui aurait tourné plus grunge que metal. Et ça fonctionne à merveille.

Jetez vous sur « Yer’ Song » qui ouvre le bal et affiche d’emblée les ambitions du groupe, sur « Hard To Swallow » et « Crankcase » qui sont les titres les plus réussis, de ceux qui donnent à entendre un nouveau grunge, bien ancré dans ses classiques mais sans la crainte de les revisiter.

De manière générale, peu de temps mort sur les treize morceaux et cinquante minutes, seule « Wastrel » nous accorde deux courtes minutes de répit au milieu du tumulte. Une belle contemplation guitare voix qui nous laisse penser qu’un Unplugged de Narrow Head aurait eu de l’allure.

Les groupes grunges cultivaient jalousement le Do It Yourself, qu’ils avaient repris des milieux punks. Les texans ne dérogent pas à la règle et vont même plus loin, allant jusqu’à enrôler leur producteur Ryan Chavez en tant que bassiste, en profitant pour redistribuer les cartes et officialisant les choses avec leur guitariste de tournée Kora Puckett. 

Au final, en gardant la main sur leur son Narrow Head réussit à rester fidèles à leur décennie dorée et à l’ancrer dans le présent. Leurs morceaux font le reste, 12th House Rock est à considérer comme une excellente surprise de 2020.

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