Bring Me The Horizon – POST HUMAN : SURVIVAL HORROR

Note : 4.5 sur 5.

Ces diables d’anglais nous avaient laissé un peu pantois avec l’intrigant Music To Listen To… (2019 Sony), un EP fleuve, une sorte de pas de côté expériemental très décousu, parfois pénible au point que l’on a souvent préféré l’oublier. 

La question reste ainsi comment faire mieux qu’amo ? Le groupe avait en quelque sorte répondu en partant totalement en vrille artistique pour accoucher d’une musique impossible à comparer à sa pièce maîtresse.

Revenu avec des idées plus fraîches en cette fin d’année, Bring Me The Horizon publie une nouvelle fois un EP à l’allure d’album avec ce Post Human : Survival Horror (2020 Sony), premier volet d’une saga prévue en quatre épisodes.

Différence notable avec tout ce à quoi le quintet nous avait habitué, une large part de la tracklist nous a été révélée au fil de l’année écoulée. Cela avait commencé par le superbe Ludens, un titre riche, surprenant, violent, catchy, on manque de qualificatifs pour décrire cette réussite. Ce morceau composé dans l’urgence par Oli Sykes et Jordan Fish, une semaine avant une deadline pour figurer dans la BO du jeu vidéo Death Stranding, reste un an après sa parution le climax musical de l’EP (puisqu’il faut l’appeler un EP). 

Si le chanteur lui même a décrit Post Human comme un retour au BMTH d’avant, on constate néanmoins que le nouveau BMTH n’a pas été oublié. Certes « Dear Diary » ouvre le programme sur un metalcore chimiquement pur, speedé, hurlé et doté d’un solo de guitare bien rentre dedans, un morceau de patron, un moment de jouvence qui séduira et défoulera les fans du groupe même les moins friands du style. Mais de ce BMTH d’avant on ne trouve plus ensuite que quelques traces, des instants extrêmes disséminés dans le reste des chansons comme « Obey » et « Kingslayer » notamment.

Mais aussi dans « Parasite Eve ». Deuxième single très sombre révélé environ 8 mois après « Ludens », en plein pandémie, le titre réussit à allier pertinence contextuelle dans le texte et dans l’orchestration. C’est aussi selon nous le morceau le plus proche de ce que l’on pouvait entendre sur amo.

L’EP regorge d’invités plus ou moins en vogue, plus ou moins utiles. La présence de Yungblud semble uniquement servir à flatter les algorythmes de Youtube, Spotify et consorts tant sa contribution s’avère transparente. En revanche, que l’on aime ou pas ces expériences, les participations des Nova Twins sur « 1×1 » ou encore plus de Babymetal sur « Kingslayer » créent des formules déjantées qui ne laissent pas indifférents.

Pour clore sur les invités, Amy Lee apporte le point final au disque sur « One Day The Only Butterflies… » , un morceau plaintif répandant une sorte de beauté glaciale à cette conclusion. 

Comment considérer ce Post Human : Survival Horror comme un simple EP quand tant d’aspects en font factuellement un album ? Les morceaux constituent une trame narrative, des singles ont été extraits et on goûte l’hommage latent à Linkin Park dans « Teardrops » et « 1×1 ». Si tout cela ne constitue qu’un premier chapitre, l’ambition du projet global doit être immense. Car il faudra relever le gant quand il s’agira de faire au moins aussi bien, et si possible mieux ! 

En terme de visuel cela semble atteignable tant cette illustration de zombies colorés ne rend pas vraiment l’ambiance dark de la musique, mais en ce qui concerne les chansons ou la prod très réussie, il va falloir s’accrocher. Tous nos voeux de succès au groupe !

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