Les Ecoutes De Décembre 2022


Gliz – Mass

Youz Prod

4,5/5

Véritable coup de coeur ici à la rédaction, aussi bien par son originalité sonore que par son lyrisme et son intensité, le deuxième album des jurassiens convainc à tous points de vue. Une orchestration étonnante banjo – orgue Farfisa – soubassophone – batterie que survole une voix pétrie d’émotions, des compositions de grande qualité, Mass coche toutes les cases pour s’imposer.

Un disque à la thématique intrigante et mystique autour d’une divinité païenne, un esprit rock un peu punk avec une sévère dose de DIY, de l’exigence, un chant qui vous attrape, vraiment le monde du rock serait bien capricieux s’il ne faisait pas une jolie place au soleil à ce trio bourré de bonnes idées.

En playlist : Totem


Alter Bridge – Pawn And Kings

Napalm Records

4/5

C’est la grosse sortie du moment dans la catégorie poids lourds du hard rock et ce septième album de l’attelage Kennedy / Tremonti tient toutes ses promesses. Les morceaux s’enchainent et l’on réalise que décidément Alter Bridge n’a pas de point faible si ce n’est finalement que de répondre trop bien aux attentes. 

Oui c’est du chipotage, ainsi les Floridiens ont définitivement choisi le camp des groupes fiables, un club où l’on croise notamment les Rolling Stones, AC/DC, Iron Maiden. 

Ca tombe bien, Alter Bridge roule dans la bonne direction pour les rejoindre.

En playlist : This Is War


Bukowski – Bukowski

Association Bukowski

4/5

Les Franciliens ont traversé une des pires épreuves qu’un groupe peut affronter, faire le deuil de l’un de leurs membres. A l’écoute de ce nouvel album éponyme, nul doute que cette tragédie a transformé profondément la musique de Bukowski.

Face à l’incertitude de l’existence qui a frappé le quatuor s’est jeté dans le travail en cassant les barrières. Sans rien renier de sa culture stoner, le groupe s’est redéfini en devenant plus audacieux, plus surprenant. Cette évolution pourrait bien leur attirer un public plus large qui aime le metal alternatif en plus des riffs bien lourds. C’est tout le mal qu’on leur souhaite, encore courage et bravo Messieurs.

En playlist : NCFYC


Boston Manor – Datura

SharpTone Records

4/5

Après trois albums dans un registre punk/hardcore, les Anglais ont ressenti le besoin de se réinventer. Déjà friands de sons electros ils basculent avec Datura dans une nouvelle dimension de leur art. 

Ambiances soignées, structures plus élaborées, Boston Manor a élevé son niveau d’exigence et pourrait passer du statut de très bon groupe punk à celui de chef de file d’un rock alternatif et atmosphérique dont il nous tarde d’écouter la suite, puisqu’il semblerait que Datura ne soit que la première partie du concept et qu’une suite est prévue.

En playlist : Foxglove


Bazooka – Kapou Allou

Inner Ear Records

4/5

Du punk psyché énergique, positif, dansant par moments, les Grecs de Bazooka viennent de nous livrer un album dont on a bien besoin en cette fin d’année ! 

Si l’on ajoute des clins d’oeil orientalisants très réussis, des harmonies vocales réjouissantes et un goût certain pour le hors-piste, Kapou Allou renferme une richesse qui risque de vous donner l’envie d’y revenir beaucoup plus souvent que vous ne le pensez.

Un album indispensable pour célébrer la créativité et conjurer la monotonie ambiente.

En playlist : Kapou Allou


Soulfly – Totem

Nuclear Blast

4/5

Douzième album pour Max Cavalera avec Soulfly, son projet solo dont on attend au moins un sursaut d’orgueil après deux disques (au moins) pas mauvais mais pas mémorables. Cavalera, un des chanteurs de metal les plus influents des trente dernières années ne peut satisfaire qu’en plaçant la barre très haut, il en va ainsi des vrais patrons.

Et rassurées nous le sommes. Le trash est toujours bien présent, les percussions traditionnelles aussi, apportant cette couleur unique aux productions du brésilien. L’arrivée d’Arthur Rizk à la guitare apporte cette incisivité technique dans des riffs trash voire death et des solos carrément shred ou black metal. Le tout balancé par un rappel des racines groove metal comme sur la très « sepulturienne » chanson titre.

Une rentrée post confinement réussie donc pour Max Cavalera, Soulfy n’en a pas fini de nous battre la couenne.

En playlist : Totem


Sick Joy – We’re All Gonna F***ing Die.

SO Recordings / Silva Screen Records

3,5/5

Il y a forcément du Cobain dans ce Mykl Barton de 2022, un blondinet pas épais et revanchard qui est prêt à vivre dans un van pour vivre sa vocation. Au moins il n’a pas poussé le vice jusqu’à jouer en gaucher. 

Trio efficace, Sick Joy ne se contente heureusement pas de réactualiser le grunge, d’ailleurs dans ce premier album pas de production rugueuse ni de larsen tonitruant, mais plutôt une puissance maîtrisée pour une collection de titres qui ratisse large dans le rock alternatif américain des années 90. On cite souvent Alice In Chains, Nine Inch Nails, les Pixies ou Soundgarden. 

Il manque peut être encore le « smoking gun », le morceau tubesque qui mettra tout le monde d’accord, en attendant ces anglais livrent un disque suffisamment bourré de bonnes choses pour qu’on décide de les garder à l’oeil.

En playlist : i’ve got more than i need (and i don’t have much)


Abhorson – A Weather Front

4127571 Records DK

3,5/5

Il doit exister une sorte de sixième sens dans le post rock ou le metal instrumental : le goût du mystère. En effet, avec Abhorson une fois de plus nous voici à écouter un projet très abouti au sujet duquel on ne trouve aucune information. Ici tout porte à croire qu’il s’agit du pseudo d’un musicien renforcé par un batteur de session. Mais la musique nous direz vous ? Fantastique. Concise pour le style mais riche, aérienne et technique, à écouter de préférence au casque pour vivre l’album en pleine immersion. A Weather Front sera-t-il un enfant unique ou Abhorson a-t-il vocation à s’installer ? C’est le futur qui nous le dira. 

En playlist : Cumulate


Nervy – Fsyo Shto Vokrug

Autoproduction

3,5/5

Hyper populaires auprès des ados et jeunes adultes, ce quatuor kïïviens fait partie de ces artistes qui ont perdu avec la guerre une partie importante de leur public. Nervy (Нервы) se produisait beaucoup en Russie et avait d’ailleurs une tournée programmée pour mars très vite annulée. Ils devaient y fêter les dix ans de cet album, Всё что вокруг, leur premier, celui que nous avons choisi de mettre en avant ce mois-ci. 

Paru en 2012, son mélange de punk orienté emo avait séduit par son énergie et sa modernité. 

Nervy a annoncé ne plus vouloir jouer en Russie jusqu’à nouvel ordre et enchaîne, à l’instar des autres groupes populaires d’Ukraine, les concerts caritatifs, plutôt en Pologne et dans les états baltes pour ce qui les concerne.

En playlist : Batarei


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