Label : Beast Records FlyHouse Records
Annoncé comme le huitième album du trio, et vu qu’il faudrait mener un travail d’enquête digne de Sherlock Holmes pour retrouver tous les disques nous croirons nos Rennais sur parole, Not All Stories Are True s’avère en fait une compilation de leurs trois derniers efforts trop confidentiels et introuvables ou presque. Mais comme le pointe non sans malice le chanteur Chafik Mohammedi, « à part pour le public à Rennes, tous les titres de cet album sont des inédits ». (1)
Et c’est vrai qu’à titre « rédactionnel », on n’en connaissait pas un seul, nous ne ferons donc pas les malins sur le sujet, c’est un grand bonheur que d’avoir rencontré leur musique et de la partager avec vous aujourd’hui…

Et après de multiples écoutes nous ne nous expliquons pas la confidentialité qui entoure ce groupe qui a pourtant commencé il y a plus de trente ans, n’a jamais pris de pause et qui avait goûté aux tournées, aux majors et aux festivals dans les années 90 ?
Orfèvre quelles que soient les circonstances, Mohammedi a donc ignoré ce crépuscule de notoriété et continué à nous offrir de sa petite voix des chansons pop rock dans un style résolument anglais 60’s ou 70’s. Lighthouse a décidé de refaire surface avec ce disque un peu moins mal distribué (il faut néanmoins aller sur le site de Beast Records ou sur Bandcamp, vous allez y arriver) qui donne la mesure de ce qu’ils ont fait de meilleur ces dix dernières années, une manière de dire qu’ils n’avaient pas chômé.
Lighthouse considère son Not All Stories Are True comme un album. « A Rome fais comme les Romains », nous ferons donc de même.
Carrément tubesque sur « Number 9 » ou « Not All Stories », hypnotique sur « Pray Prey » ou lyrique sur « Windy Day », le groupe montre son aisance à varier les humeurs tout en gardant une personnalité immédiatement identifiable, notamment grâce à la voix si inattendue de Chafik Mohammedi. Plutôt aigüe, on a souvent la sensation que Chafik vient nous murmurer à l’oreille des petites histoires à la poésie désabusée, des histoires de souvenirs amers, de voyages trop vite passés. L’univers de Lighthouse oscille entre mélancolie et nostalgie mais sans tristesse démesurée. L’émotion est au coeur mais on évite tout pathos excessif grâce l’énergie rock des orchestrations.
Issus d’enregistrements d’époques différentes et avec des line-up différents, Not All Stories Are True frappe de ce fait par son unité de son. Il faut dire que pour parvenir à cette cohérence les rennais ont décidé de tout refaire masteriser par un spécialiste en la matière, Loki Lockwood. Et on ne peut qu’applaudir l’ingénieur du son australien qui a vraiment réussi son coup.
Certes, côté enregistrement tout avait été fait dans le même studio et très probablement avec le même matériel à quelques machines près. Mais quand les musiciens changent et que le mixage est distribué au fil des années entre plusieurs personnes, il peut rester malgré les oreilles expertes des intervenants des divergences. Or dans notre cas, je vous défie de classer les chansons par session, celui ou celle qui y parviendra recevra notre admiration béate.

Au Blog Rock nous souhaitons vivement que toute la discographie du désormais trio soit rééditée, et même pourquoi pas accessible sur les plateformes de streaming et qu’enfin, Lighthouse puisse revenir dans la lumière qu’ils n’auraient jamais du quitter. Les habitants de belle ville de Rennes devront partager. Not All Stories Are True est un petit bijou de pop rock, précipitez vous !
1. https://www.buzzonweb.com/2022/12/lighthouse-c-est-loin-d-etre-la-fin
