Blackbird Hill – Embers In The Dark

Note : 4 sur 5.

Label : Lagon Noir

Décrivant leur style comme du garage stoner – on n’aurait pas dit mieux – le duo bordelais  est revenu transformer l’essai après un premier album Razzle Dazzle (2020 Lagon Noir) qui avait su attirer l’attention d’un public friand de duos qui sonnent comme des groupes de rock de dix bonhommes. 

Et pour ce deuxième millésime les deux ont vu les choses en grand, gavant Embers In The Dark de riffs stoner à décorner les boeufs, de psyché, de blues, de hard 70’s et j’en passe pour nous offrir un grand moment de rock interprété avec solidité. 

D’emblée, on va le dire, chronique en mode « on va pas se mentir », l’ombre de Royal Blood plane sévèrement au dessus de cet opus. C’est le côté duo, on n’y peut rien si les anglais ont plié l’affaire. Ici, les deux compères bordelais réussissent tout de même à s’extirper de cette filiation en jouant à fond la carte stoner et notamment dans les nombreux moments de relâchement là où le piège évident aurait été de vouloir encore plus durcir le propos, à quoi bon ? Il fallait effectivement favoriser des moments suspendus gracieux, finement harmonisés et certes souvent préludes à un tabassage en règle des instruments comme dans la chanson titre qui révèle un art maîtrisé de l’ascenseur émotionnel.

Rassurez vous, la fuzz et le martèlement se taillent la part du lion dans des riffs puissants, assénés mid tempo avec une pesanteur à vous en faire ralentir un métronome. Pas étonnant qu’il faille montrer les muscles. A seulement deux, la nécessité d’occuper tout l’espace s’impose, pour autant, la mélodie sait se faire une place de toute cette densité sonore. Tout d’abord avec des refrains accrocheurs, et l’on pense à Keep Up Until It Bleeds ou Flatline, ensuite avec les fameux moments de détente déjà évoqués et que l’on déguste à fond notamment dans Embers In The Dark ou encore The Colder The Better. 

Côté son le groupe a fait confiance à un assemblage de personnalités bien connues au sein de la scène rock du sud ouest. A la console Thomas Ceccato de Cryogène Studios, maison éminente au sein des musiciens bordelais, Etienne Jouanneau de La Nef à Angoulème et enfin au mastering l’inévitable Alexis Bardinet de Globe Audio chez qui la fine fleur du rock français se presse. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’attelage fonctionne, un son rugueux, plein, crépitant, les fans de stoner vont en avoir les oreilles toutes chahutées.

En résumé voici deux gars à suivre plus que jamais et qui n’auront plus à prouver qu’ils savent y faire pour vous retourner une baraque, on recommande. Et oui, on a glissé quelques allusions bordelaises. 

En playlist : Keep Up Until It Bleeds

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