Label : Giant Music
Certaines personnes réussissent à transcender les pires obstacles, à les utiliser sans perdre le sens de leur existence. Kristine Flaherty a entièrement perdu l’audition à son oreille droite suite à une infection mais a refusé d’abandonner. Et c’est d’autant plus admirable que son disque évite toute forme d’apitoiement bien que son axe de travail soit la vulnérabilité, tout juste est-il fait référence à sa nouvelle situation en nommant l’album MONO.
K.Flay vient du hip-hop, mais sa musique se tourne de plus en plus vers le rock et MONO enchaîne les riffs électriques. Flaherty rappe encore beaucoup mais chante aussi beaucoup plus, parvenant à un équilibre très intéressant, usant des deux casquettes au besoin. Si elle s’est débrouillée avec talent de tous les instruments, Flaherty s’est néanmoins adjointe les services du batteur surdoué acrobate Aric Improta, notamment passé par FEVER 666, donc un musicien qui connaît bien ce style de rock « urbain » pour le dire vite.
Les singles nous ont absolument accrochés, particulièrement Punisher, ou K.Flay en filigrane explique non sans ironie qu’elle est bien plus sévère avec elle-même que l’existence, avec tous les sous-entendus que cela implique dans sa situation. MONO, par son histoire et sa thématique se pose comme un disque torturé, redoutable musicalement et qui donne vraiment au moment où on l’écoute la sensation d’une oeuvre dense et sincère.
