Giant Walker – Silhouettes

4,5/5

Label : Church Road Records

Sorti en 2024 sous le label Church Road Records, Silhouettes marque le retour du groupe britannique Giant Walker avec un son aussi captivant qu’intriguant. Enfin retour… Révélation en ce qui nous concerne puisqu’il faut humblement avouer que nous étions totalement passés à côté d’All In Good Time sorti en 2022. Dommage car nous aurions adoré à l’époque.

Conférence de rédaction au Blog Rock au moment d’évoquer le cas Giant Walker.

Ce nouvel album incarne donc la dualité de la silhouette humaine, jouant habilement avec l’ombre et la lumière, dans un mélange de rock progressif, de grunge, et de metal alternatif. Tout un programme.

Giant Walker, formé en 2021, se démarque au sein de la scène alternative grâce à un son caractérisé par des guitares incisives, des rythmes complexes et une voix féminine puissante, qui rappelle parfois les grandes heures du rock alternatif des années 90 mais avec une maîtrise technique beaucoup plus aguerrie. Avec Silhouettes, ils offrent un album aux tonalités sombres mais chargées d’énergie, capturant des émotions brutes et explorant des thèmes liés à l’introspection, au doute et à la résilience.

Et dès la première intro et le premier couplet – refrain on rentre dans le concret, Giant Walker enveloppe l’auditeur dans une atmosphère lourde et mélancolique. « Time To Waste » pose les bases, ça riffe sévère, ça joue serré et la frontwoman casse la baraque. Les guitares créent un mur sonore dense, accompagné de lignes de basse grondantes et de percussions hypnotiques sans s’interdire un certain groove. La voix, toujours impeccablement placée, porte les paroles d’une manière viscérale, ajoutant une dimension poignante aux compositions.

Silhouettes s’aventure dans des structures musicales ambitieuses, avec des titres qui oscillent entre douceur et intensité explosive. Un morceau comme « Silhouettes » démontre la capacité de Giant Walker à explorer des ambiances contrastées, passant d’un calme introspectif à des éclats presque cathartiques.

Le quatuor cite Karnivool, Soundgarden, Radiohead et Deftones et l’on peut les croire sur parole, on retrouve effectivement l’ampleur et la complexité décomplexée des premiers (« Eraser, Obscurer »), les riffs sombres et lancinants des deuxièmes (« Make Me »), le lyrisme des troisièmes (« Silhouettes ») et le groove et certains traits mélodiques au chant des quatrièmes (« Halcion »).

Point fort de l’album outre sa musique : sa production. Avec ce petit « tip » que l’on vous donne avec joie, de nos jours la simple mention « prog » dans la description stylistique d’un artiste vous garantit de la clarté et un mix réussi de manière à peu près certaine. Et ici, nos anglais se sont donnés les moyens d’aller jouer dans la cour des grands, comme attendu l’ingénierie sonore permet cette parfaite clarté, chaque instrument ayant sa place tout en contribuant à une sensation d’unité organique. La production rend hommage à chaque nuance, capturant tant les murmures délicats que les éclats tonitruants du groupe.

Les paroles de Silhouettes renforcent ce sentiment d’obscurité et de lutte intérieure. Giant Walker aborde des sujets universels avec une honnêteté désarmante, que ce soit à travers les difficultés personnelles, les doutes existentiels, ou encore l’isolement. Le lyrisme des textes se lie harmonieusement à la musique, créant une expérience d’écoute intense, où chaque chanson semble illustrer un fragment de l’âme humaine.

Credit Photo : Lee Tuck

Ce nouvel album saura captiver les amateurs de rock alternatif et de metal progressif, grâce à son mélange de puissance émotionnelle et de virtuosité musicale. Il confirme la capacité du groupe à créer des œuvres denses et introspectives, et témoigne de leur maturité artistique. Giant Walker réussit à allier complexité sonore et accessibilité, offrant une musique à la fois immédiate et qui s’enrichit à chaque nouvelle écoute.

Et dites vous bien qu’ils n’en sont qu’à leur deuxième Si ces quatre là réussissent à fonctionner dans la durée, un avenir radieux les attend. Et du bonheur musical pour nous.

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