Ivan Jacquin – The Raging Project : Future Days

Label : Autoproduit

3/5

Yvan Jacquin s’est fait un nom par son implication dans des projets audacieux mêlant virtuosité, sensibilité artistique et réflexion philosophique, citons Foreign, un opera rock sur le thème du juif errant. Mentionnons également l’existence de plusieurs romans, comme quoi cet homme ne s’arrête jamais. Réfléchir et composer, quelle vie.

Future Days s’inscrit dans la pure tradition du rock progressif, tout en explorant des horizons musicaux inattendus. Dès l’ouverture avec « Warning », Jacquin plante le décor : une introduction majestueuse mêlant claviers atmosphériques et guitares aériennes, avant de plonger dans des rythmes syncopés rappelant Yes ou Porcupine Tree. Mais l’album ne se limite pas à un exercice de style prog. Par exemple, « Wandering Soul » surprend par son approche acoustique et ses accents folk, « Don’t Want » rappelle quelques influences metal prog, clins d’oeil à Dream Theater en tête, tandis que les habillages synthétiques flirtent avec des textures electro qui évoquent le rock indus de Rammstein ou Nine Inch Nails lorsque « Rage! » fait battre nos petits coeurs d’heavy métalleux.

Vignette un peu caricaturale certes, mais qui fait un bien fou non ?

L’ensemble des musiciens brille par une technique irréprochable, les solos virtuoses de guitare et de clavier s’entrelacent harmonieusement, sans jamais éclipser la mélodie. Jacquin montre ici une rare capacité à mettre la technique au service de l’émotion, évitant l’écueil d’une démonstration purement technique qui aurait – il faut bien le dire – été rebutante.

L’ensemble de l’album est traversé par une tension entre espoir et inquiétude, comme en témoigne « On Earth », où les paroles appellent à une réconciliation entre l’homme et la nature, sans céder au pessimisme. Cette narration thématique cohérente donne à Future Days une profondeur qui transcende sa richesse musicale.

Le mixage de Future Days signe un équilibre parfait entre vintage et modernité, particulièrement dans les sons de clavier et l’incorporation notamment d’instruments que l’on a un peu perdus au fil des ans en raison de la « métalisation » du prog comme les flûtes. Chaque instrument trouve sa place dans l’espace, permettant aux arrangements souvent complexes de respirer.

Sa capacité à jongler entre différents styles et époques musicales fait de lui une figure éclectique et respectée, souvent comparée à des légendes comme Neal Morse ou Steven Wilson. Avec Future Days, Ivan Jacquin offre une œuvre ambitieuse à la hauteur de sa réputation.

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