4/5
Label : Hasta Luego
De la classe, du groove, un sens aigü de la mélodie, vraiment Beau Bandit a tout pour réussir, il suffit d’entendre les premières secondes de The Forest From The Trees pour que tout cela nous explose aux oreilles instantanément.

Dans cette collection de pure pop pleine de lumière le chant apporte l’élégance et une sensibilité qui permet à l’édifice de ne pas basculer dans une forme trop sucrée. Pour le dire autrement, Beau Bandit serait une sorte de bonbon pour connaisseurs, qui se déguste en prenant son temps.
En effet, bien loin des gloutonneries qui n’apportent finalement aucun plaisir, Beau Bandit va chercher des orchestrations riches, incorporant orgues vintage, vibraphone et laissant même à son bassiste la liberté d’explorer – avec brio – les aigus de son instrument. Les clins d’œil textuels sont d’un bon goût indiscutable, que ce soit Bowie ou les Beatles personne n’y trouvera quoi que ce soit à redire. Musicalement le groupe laisse entendre également par ci par là des bribes d’REM, Metronomy ou I’m From Barcelona lorsqu’il se fait chorale sur le single The Big Kaboom.
Autre signe de qualité plus subtil : lorsque la reprise d’un tube s’avère un moment plus faible dans un album, il ne faut pas y voir un persiflage de notre part. Bien au contraire, cela laisse apparaître la grande qualité des chansons qui entourent la reprise. Et si l’on voulait en rajouter une couche, cette reprise moins bonne nous révèle que le groupe possède une personnalité qui fonctionne difficilement avec une autre musique que la sienne. En voilà du compliment.

Ces Rennais talentueux et parfaitement maîtres de leur sujet nous servent probablement une musique de quinquas esthètes pour d’autres quinquas esthètes et autres amoureux instruits de la musique pop, autant dire peu de monde hélas. Ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas la jouer et qui sait, peut être aller faire résonner la sensibilité perdue de quelques consommateurs de playlists.
