Hexvessel – Polar Veil

3,5/5

Label : Svart Records

Monsieur McNerney est un musicien occupé. Et comme tout bon professionnel qui ne veut pas se laisser dépasser par sa créativité, Monsieur McNerney est un homme organisé. 

Éclectique dans ses directions artistiques, entre black metal, folk païen, post punk et autres joyeusetés de niche, le britannique avait jusqu’à présent plutôt bien cloisonné ses projets. Or il a cette fois ressenti un puissant besoin de retourner au black metal. Mais déjà impliqué dans deux belles affaires avec Grave Pleasures et Hexvessel, ouvrir une nouvelle filiale ne lui a pas semblé la solution la plus pertinente. 

Il a donc décidé d’en faire profiter ses petits potes d’Hexvessel qu’on avait laissés avec Kindred (chronique ici), un album folk et mystique plein de délicatesse. Autant dire qu’avec Polar Veil, la météo a effectivement bien changé.

Crédit Photo : Pierre Sopor

Et pour les fans comme nous qui n’étaient pas spécialement préparés à ce genre d’incursion, il a fallu s’acclimater un peu mais surtout, vite. Car Mat McNerney a décidé de jouer cartes sur table dès la première salve de guitare bien lancinante de The Tundra Is Awake. Si les thématiques mystiques restent au centre des débats, toute l’orchestration délicate a été flanquée par-dessus bord. Les doux violons ont été hachés menus à coup de blasts, les guitares folk découpées par les riffs black. 

Alors que demeure-t-il d’Hexvessel dans ces conditions ? Une sorte d’aura dirons-nous mais c’est bien peu. La voix garde toute sa dimension mystérieuse et incantatoire, mais il faut bien avouer que cette nouvelle direction va en dérouter plus d’un. Ce qui ne veut pas dire d’ailleurs que cela va déplaire.

Cet Hexvessel nouveau, régénéré tel un nouveau Docteur qui reste le même personnage tout en changeant d’allure et de caractère, a besoin de quelques épisodes pour s’installer. Oui, on parlait bien de la série britannique Doctor Who. Après quelques tours de platine, Polar Veil révèle toute sa noire beauté, son ampleur sonore qui le ferait lorgner vers un blackgaze parfois rampant, parfois illuminé.

Voilà ce que ça donne, une régénération de Docteur.

Tout à fait approprié en cette saison froide, les beaux jours nous diront si cette nouvelle esthétique n’était qu’un pas de côté. En attendant, Monsieur McNerney a sacrément réussi sa métamorphose.

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