3,5/5
Label : Music For Nations
Avant d’entrer plus concrètement dans notre sujet du jour, faisons ce que nous ne faisons plus beaucoup au Blog Rock, un ch’ti rappel biographique. Après tout, vous êtes très probablement comme nous, vous n’avez pas vraiment entendu parler d’Hot Milk avant d’ouvrir la page de cet article !
Duo formé à Manchester en 2018 par Jim Shaw et Han Mee, il apparaît qu’Hot Milk s’est rapidement fait une place sur la scène rock alternative avec un son hybride mêlant pop-punk, emo et rock alternatif. Rien de complètement nouveau donc mais les différents EP publiés au fil des mois ont rapidement montré un savoir-faire bien supérieur à la moyenne.
Initialement pensé comme un projet de studio, le groupe a vite pris en assurance et en notoriété après avoir tourné avec You Me At Six et Foo Fighters. Autrement dit, avec un tel ticket gagnant d’entrée, il fallait se remuer.

Grâce à une esthétique sonore léchée et une énergie scénique explosive, Hot Milk a su séduire un large public avide de refrains fédérateurs et d’émotions à fleur de peau. Avec A Call to the Void, leur premier album après plusieurs EP prometteurs, le duo entend bien confirmer que l’on peut compter sur eux.
Dès les premières notes, A Call to the Void impose une énergie brute et communicative, s’inscrivant dans cette tradition de rock exutoire qui puise autant dans la nostalgie adolescente que dans une volonté de catharsis. Les morceaux s’enchaînent sans temps mort, portés par la voix tranchante et expressive de Han Mee, capable de basculer en un instant du chant clair aux éclats plus rugueux.
Les thématiques, centrées sur l’angoisse existentielle, le mal-être et le besoin de révolte, donnent une dimension sincère à l’ensemble, même si elles restent dans des territoires largement balisés. Le groupe ne révolutionne pas le genre mais sait parfaitement jouer sur les attentes de son public, livrant un disque taillé pour les concerts où chaque refrain semble conçu pour être scandé en chœur.
Sur le plan sonore, A Call to the Void démontre sous chaque aspect sa modernité dans la production rock actuelle. Les guitares, bien que percutantes, laissent une place importante aux claviers et aux effets électroniques, donnant au disque une patine contemporaine qui rappelle Bring Me the Horizon ou Pale Waves. La production, bien définie et puissante, est pensée pour maximiser l’impact émotionnel avec des montées en puissance efficaces et des breakdowns calibrés. Cependant, cet aspect ultra-produit et formaté joue aussi contre le disque qui de ce fait coche toutes les cases du bon disque de rock moderne, mais peine à surprendre.

En conclusion, A Call to the Void est efficace et accrocheur, il prouve qu’Hot Milk maîtrise parfaitement son sujet. Pourtant, on attend encore du groupe qu’il prenne plus de risques, qu’il ose sortir de sa zone de confort pour s’affirmer comme une véritable force créative plutôt qu’un simple produit bien huilé de la scène rock actuelle.
