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Label : Church Road Records
Parmi les formations britanniques qui explorent les confins du shoegaze, du post-rock et du doom, Outlander se distingue par une approche subtile et immersive. Originaire de Birmingham, le groupe s’est forgé une identité où l’atmosphère visuelle et textuelle très déprimée semble en quelque sorte enveloppée dans une musique plus contemplative et nostalgique que inquiétante.

Depuis ses débuts, Outlander a peaufiné son art de riffs lourds et de mélancolie à travers des publications remarquées, telles que Downtime (2018) et Sundowning/Unconditional (2019), ou encore The Valium Machine, en 2021. Avec Acts Of Harm, le groupe poursuit son cheminement sonore en affinant encore davantage son esthétique : une fusion aérienne entre des nappes vaporeuses et des décharges de distorsion.
Dès les premières notes, Acts Of Harm transporte l’auditeur dans une atmosphère crépusculaire, où chaque titre semble suspendu entre éclats de lumière et ombres persistantes. La structure des morceaux, souvent étirée au-delà des six minutes, confère à l’ensemble une dimension hypnotique. Les mélodies éthérées se développent lentement, laissant place à des montées en puissance tempétueuses, comme si le groupe projetait le son à la manière d’un peintre jouant avec la lumière et la texture. Chaque morceau s’apparente à un voyage intérieur, porté par des guitares planantes, une section rythmique pesante mais nuancée, et un chant en apesanteur, presque spectral, positionné plutôt en arrière dans le mix. La production, soignée et immersive, laisse transparaître chaque nuance, offrant une expérience d’écoute dense et introspective.

Les amateurs de musique sombre et mélancolique trouveront dans Acts Of Harm un écrin de choix. Outlander ne cède pas à la facilité et privilégie la qualité à la quantité, en livrant une œuvre sincère et émotionnelle, où chaque note semble pesée avec minutie. Un album qui s’impose comme une pièce maîtresse du genre, à la croisée des chemins entre spleen et apaisement.
