4/5
Label : Communion Records
Wunderhorse, groupe britannique formé en 2020, s’est rapidement imposé sur la scène rock contemporaine. Fondé par Jacob Slater, ancien leader du trio punk Dead Pretties, le groupe s’est étoffé en 2021 avec l’arrivée de Harry Tristan Fowler (guitare), Peter Woodin (basse) et Jamie Staples (batterie). Leur musique puise profondément dans le grunge et le rock des années 90, avec des influences marquées allant de Neil Young à Elliott Smith, en passant par Joni Mitchell. Le second album du groupe, Midas, sorti le 30 août 2024, a été enregistré au mythique Pachyderm Studio dans le Minnesota — lieu emblématique de l’âge d’or du rock alternatif — sous la direction du producteur Craig Silvey (Foals, Arcade Fire). Ce cadre a permis au groupe de capter toute la sincérité et la rugosité de leur son.

Midas s’ouvre sur le morceau éponyme, traversé de riffs secs et d’un chant à fleur de nerfs, qui donne le ton d’un disque à la fois brut et nuancé. On retrouve cette tension dans « July », véritable plongée en eaux troubles, tandis que « Silver » déploie un souffle plus mélodique, sans rien perdre de sa densité. « Superman » révèle une facette plus introspective du groupe, quand « Cathedrals », sans doute le morceau le plus fédérateur, semble taillé pour les grandes scènes. Les guitares, souvent saturées mais jamais noyées dans la production, rappellent autant Nirvana que le Radiohead des débuts ou Jeff Buckley (de la fin forcément), avec une maîtrise du grain qui donne à chaque morceau une saveur distincte.
Le groupe séduira un public en quête d’authenticité, qu’il s’agisse des nostalgiques du rock 90’s ou des jeunes auditeurs attirés par une énergie sincère. Wunderhorse trouve ici un équilibre rare entre intensité et mélodie, rendant Midas aussi accessible que profondément viscéral.

Avec Midas, Wunderhorse va forcément franchir un cap. Ce deuxième album ne se contente pas de confirmer les promesses dess débuts, il place véritablement le groupe en orbite sur la scène revival grunge. Sans jamais trahir ses influences, le quatuor parvient à forger un son qui lui est propre, dense, vivant, et traversé par une urgence très contemporaine. Midas est un disque puissant, à la fois rugueux et émouvant, qui marque assurément l’un des très bons moments de l’année 2024.
