Galaxie – A Demain Peut Être

Label : Lazy At Work

Du rock fortement bluesy et du fun, de la fuzz et du disco, du cambouis et des paillettes. Depuis une vingtaine d’années, le gang emmené par Olivier Langevin décape les esgourdes des Canadiens — et trop rarement celles des Français. Une seule petite tournée dans les années 2000, à ne pas avoir manquée.

Au Canada cela n’a rien d’exceptionnel évidemment mais vu de France c’est exotique, Langevin affiche son accent à 200% et il a bien raison. Si les Français on pris l’habitude du cliché de “la chanteuse québécoise” – voix prodigieuse, accent gommé dans les chansons – chez Galaxie le Québec s’entend d’abord dans le chant, c’est tout le contraire et ça fait un bien fou, ça ne ment pas.

Mais entrons dans le vif du sujet.

À Demain Peut-Être est un album du lâcher-prise, un disque né du plaisir de jouer. Comme le confiait Langevin au Devoir (1), cette nouvelle livraison a surpris jusqu’à son propre créateur : aucune chanson n’avait été écrite dans l’intention de faire ce disque, et Galaxie n’avait pas prévu de reprendre du service aussi vite. Et pourtant, ce sixième chapitre, attendu depuis 2018, s’impose avec naturel. 

Par simple envie et par curiosité, Langevin a laissé courir des bouts de morceaux glanés ici et là, des bonnes chansons mais qui n’avaient pas trouvé leur place, d’autres qui n’avait pas pu être complétées, faisant confiance au destin — et à la cohésion instinctive de ses musiciens — pour donner forme à un projet. Le résultat ? Onze morceaux qui partent parfois dans plusieurs directions sans jamais perdre l’auditeur. Un foutoir organisé, parfaitement maîtrisé. Blues féroce, ballade Beatlesienne, extraits de jams, ovni électro, tout se mêle dans la joie et la bonne humeur, offrant en plus d’une excellente qualité musicale un visage chaleureux et festif.

À Demain Peut-Être réintègre au passage les gros riffs qui, selon nous, faisaient la signature du Galaxie des débuts. Mais il conserve aussi cette ouverture plus électro-dansante apparue au fil des albums — la guitare reprend ici un peu le dessus, sans écraser l’ensemble.

Credit photo : Marc-Etienne Mongrain

Enregistré « comme à la maison » à Montréal, avec Langevin à la production épaulé par l’indispensable Pierre Girard, ce disque nous a fait l’effet d’un vrai souffle de jeunesse dans la discographie du groupe. Un vent de liberté créative qui, on l’espère, poussera Galaxie à retraverser l’Atlantique pour une nouvelle petite visite.

  1. https://www.ledevoir.com/culture/musique/806490/musique-jour-marmotte-galaxie

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