Ils avaient eu droit à une longue chronique fin 2020 et on les sentait tellement frétillants que c’est en toute logique que BRKN LOVE propose aujourd’hui un deuxième album vif et bouillonnant. C’est simple, les canadiens semblent avoir oublié comment lever le pied de la pédale d’accélérateur et cela fait un bien fou, un album de rock qui ne cherche pas à meubler ou à s’économiser sur la longueur.
Une fois encore, la précision des riffs s’impose comme la pierre angulaire des compositions, des riffs comme autant de géants sur les épaules desquels Justin Benlolo vient poser sa voix aigüe et éraillée. Manifestement le premier album de Royal Blood a toujours la côte du côté de Toronto et nous, ça nous va.
En playlist : Forever’s Enough
lls nous arrivent de Pologne, et plus précisément de Sosnowiec, une banlieue moyenne de Katowice, les Rock’n’Roll Rebels pratiquent un hard rock qui incorpore moults éléments de rock’n’roll ou de punk. Un mélange tout à fait réjouissant entre pionniers, références 70’s comme les Ramones et influences plus récentes comme Volbeat, nos Rebels font le bonheur de toutes les bonnes réunions de bikers en Pologne et peut être un jour au delà.
Quoi qu’il en soit leur album Road To Hell – le premier de chansons originales après deux volumes de reprise de classiques du rock’n’roll – va droit au but : du rock à fond la caisse. Ce n’est pas très original mais ça faisait un moment qu’on n’avait pas entendu des gars envoyer aussi sévère.
Faites comme nous, bougez la tête.
En playlist : Don’t Tell Us How To Live
Il y a comme une étrangeté avec le quatuor suédois. ef fait indéniablement partie des groupes de post rock les plus respectés du genre. Or, pour ses membres, la musique ne semblait absolument pas occuper une place centrale dans leur existence. Ils avaient gentiment décidé de tirer le rideau il y a six ans jusqu’à ce qu’une vilaine épidémie leur rappelle que l’excellence de ce qu’ils avaient créé les obligeait.
Sur ce sixième album leur post rock lourd et onirique à la fois reste somptueux tout en incorporant beaucoup plus de chant. Il ne reste plus qu’à contempler ces sept paysages magnifiques et espérer que le prochain album ne soit plus le fruit des circonstances.
En playlist : Hymn Of
Après dix années passées à peaufiner leur style, passant progressivement de l’electro au rock tout en passant du duo au quatuor, Caroline de Fraville (chant) et Nicolas Robert (batterie) viennent avec Min-Deed de sortir un EP plus proche du format album que du maxi-single. Et c’est tant mieux.
Les six titres développent un rock intrigant et synthétique en lien avec une thématique futuriste mais abordée à rebours. Le super héros n’est pas montré dans sa toute puissance, il traverse le doute et doit trouver la force de reconquérir ses pouvoirs. Un EP aussi captivant pour son épopée que pour sa musique, ajoutons un mot pour saluer la qualité des clips, véritables court-métrages et donnant pleinement vie à l’esthétique du groupe.
A découvrir, à écouter, à voir.
En playlist : Superhero
Le groupe ukrainien que nous avons mis en avant ce mois-ci a choisi un format curieux pour un album titré littéralement « N’attendez pas ». Sortir deux disques courts dans le même mois, en l’occurence juillet 2021, l’ensemble formant donc un album à part entière.
Navigant entre rock alternatif et gros punk, le quatuor a de quoi faire avec sa musique pour soulever les masses. Ils consacrent aujourd’hui leur créativité à écrire des chansons de soutien au pays et à l’armée tout en multipliant les actions de récolte de fonds.
En playlist : Vibir
Au télescopage entre Alice In Chains, Deftones, Filter et Silverchair, et en vous demandant d’excuser cette crise de name droping, Soul Blind pourrait se porter candidat au titre de « Synthèse du rock américain des années 90 ». Du shoegaze au grunge, et même jusqu’au nu metal tout y est, et sans même se donner la peine d’être californiens.
Il y a la pesanteur, les larsens, les harmonies, bref tout. Et si la pertinence d’un genre musical s’apprécie sur la durée, nous voilà rassurés sur la postérité de ces styles des 90’s, les graines semées sur la côte ouest sont toujours fécondes.
En playlist : Bruise The Sore
Quatre bordelais qui n’en sont pas à leur coup d’essai, voici Akiasha et son deuxième EP Love etc… Deux EP en près de quatre ans d’existence, nous avons affaire à des perfectionnistes ou à des types extrêmement occupés.
D’humeur pop, pas mal rock, un petit peu shoegaze parfois, ces bordelais emmenés par Michaël Montoya nous livrent quatre titres doux amers, remarquablement interprétés et fouillés vocalement. On vit chaque seconde avec bonheur.
Il ne nous reste qu’à leur souhaiter de revenir avec un bel album, et si possible sans laisser passer quatre ans.
En playlist : Judy
Toujours aussi singuliers et hypnotiques sur ce deuxième album, les tourangeaux confirment qu’ils possèdent une vibration unique sur la scène française. A la fois inclassables et pouvant se fondre dans les mouvances post punk, shoegaze, rock psyché et j’en passe, Stuffed Foxxes affiche de surcroît un dynamisme créatif qui leur permet de se rappeler aux bons souvenirs des fans alors même que ceux-ci ne se sont toujours pas vraiment remis de la tornade sonique de Songs/Revolving, le premier album sorti moins d’un an auparavant.
Toujours maintenir la tension, tel semble être le credo du sextuor, aussi bien dans sa musique que dans son rythme de travail. A l’année prochaine donc !
En playlist : Drift
La troupe new-yorkaise (ils sont sept !) clame à qui veut l’entendre que ce troisième album est leur meilleur. Pas le genre de déclaration à nous mettre en confiance… Et pourtant, il faut bien leur rendre ce qui leur appartient, ce mélange très personnel de rock psyché, de country augmenté de quelques touches de rock’n’roll des pionniers fait mouche dès le premier titre.
Rides On nous offre une douce promenade inspirante dans un univers d’une musique typiquement américaine qui peut faire remonter des souvenirs de chaque décennie, peut être à l’exception des 80s mais on ne s’en plaindra pas.
Une écoute que l’on vous recommande naturellement et dont on ressort regonflé de bonnes ondes.
En playlist : Hard Times (All Around)
Le punching ball favori des fans de rock nous livrent leur dixième album et le problème, c’est que c’est toujours aussi bien en étant toujours aussi peu surprenant. Toujours cette capacité magistrale à envoyer des morceaux puissants, capacité méthodiquement gâchée par une louche généreuse de ballades FM indigestes, sirupeuses et interchangeables.
Il faudra donc avoir l’oreille très sélective pour faire le tri, mais de cela nous en avons pris l’habitude avec les canadiens depuis au moins… vingt ans peut être ? Moyennant quoi, il y a de quoi s’éclater sévèrement sur une bonne moitié du programme, on a vu pire.
En playlist : San Quentin
Si à tout hasard vous connaissez les CV des sympathiques membres de Perfecto, préparez vous à quelque chose de substantiellement différent. Ce groupe tout nouveau tout beau propose une approche plus conceptuelle nourrie au rock bien sûr mais aussi pour une large part à la science-fiction.
Ces histoires d’un crooner intergalactique du XXXIème siècle offrent au quintet francilien la liberté totale de spéculer sur ce que sera le rock dans dix siècles. Réponse : il sera passionnant et multiforme. Une chose indéniable, Quasar Of Love, loin d’être le résultat vite fait d’un side project, s’avère un album dépaysant, travaillé avec l’envie de très bien faire aussi bien dans le fond que dans la forme. Et ça marche.
En playlist : Try To Fly
Il y a quelques années, Daniel Jea, plutôt connu dans le milieu comme un sideman haut de gamme malgré de bons albums au compteurs, s’est lancé dans un grand projet. Et le parisien n’a pas fait les choses à moitié. Se Taire Et Ecouter constitue le troisième et dernier volume d’une trilogie rock aux textes en français, certainement le volume le plus cinglant du point de vue des guitares et le plus engagé du point de vue des mots. Et pourtant, en la matière, En suspens (2021 Siparka) avait planté les premières banderilles.
Se Taire Et Ecouter semble s’adresser entre « quatre-z-yeux » (pour le plaisir de l’euphonie) à toutes les formes de violence, et plus particulièrement à la domination masculine, pour leur jeter à la figure tout le dégoût que cela nous inspire, les orchestrations plus rugueuses renforçant le discours.
En somme, un disque engagé et engageant.
En playlist : Bitume













Une réflexion sur “Les Ecoutes De Juin 2023”