All Them Witches – Nothing As The Ideal

Note : 4 sur 5.

Ils sont de ceux que l’on croise tout le temps et dont on se dit qu’on n’y pense pas assez. Pourtant ce mélange de stoner, de blues sudiste et de rock psyché touche à chaque fois et All Them Witches n’en finit pas de nous offrir des disques passionnants. Partis de rien, cultivant une certaine forme de DIY, c’est pourtant bien aux légendaires studios d’Abbey Road que l’histoire continue de s’écrire pour le désormais trio.

Sixième album en huit ans d’existence, le groupe avance donc résolument et sans jamais donner donner le moindre signe d’urgence ou de fatigue, loin de là. Le trio marque un palier, un manifeste stylistique, ce qui reste certainement le meilleur moyen de se faire un public pour la vie.

Oeuvre à facettes multiples, Nothing As The Ideal (2020 New West Records) explore et mêle les influences si bien que chacun se trouve servi sans jamais souffrir de manque. Les aficionados de stoner solide apprécieront le technicité du groupe, capable de riffs serrés et nous délivrant même un véritable morceau de bravoure dans Enemy Of My Enemy. 

Il faut relever et saluer les deux pièces longues de plus de 10 minutes que sont See You Next Fall et Rats In Ruins. Dans la première, un enchaînement d’atmosphères aériennes et de rythmique implacable et dans la deuxième – qui conclut – un jeu d’alternance en tension et relâchement. Les fans de post rock et de rock psyché y trouveront leur compte.

Les fans de longue date retrouveront avec plaisir la Coyote Woman déjà croisée sur Lightning At The Door (2016 New West Records) dans un morceau en forme de retour aux sources, bluesy, mélancolique, bottleneck et tambourin.

Au final l’album se déguste avec enthousiasme de bout en bout, ce son lourd sans être pesant, saturé, aérien apporte selon les atmosphères fureur comme dans Lights Out ou poésie comme dans Everest. Le fait de travailler dans un studio de légende, de rejoindre la « big league » ne semble pas peser sur les musiciens qui en profitent au contraire pour signer leur album le plus recherché jusqu’à présent, assumant ce style à la croisée des chemins. Résolument sudiste, réalisant la symbiose des musiques du centre et de l’est pour le blues et de l’ouest pour le stoner, All Them Witches a les moyens avec Nothing As The Ideal de jeter des passerelles entre pas mal de monde.

Abbey Road, malgré toute son aura, n’a pas enlevé au groupe sa volonté de faire soi-même. Pour la production tout à été fait comme d’habitude ou presque, les musiciens prenant personnellement la responsabilité de leur son aux côtés de Mikey Allred qui avait déjà officié sur Dying Surfer Meets His Maker (2015 New West Records). Nous avons donc la restitution fidèle de l’intention du groupe, un son brut, rugueux comme un blues de Junior Kimbrough avec cette puissance stoner.

Robby Staebler, le batteur du groupe, s’est chargé avec talent de l’artwork avec l’aide de Blackjack Jennings. Leur représentation sur fond noir d’un visage à la fois squelettique, animal, écorché, maquillé, incandescent exprime à la perfection notre ressenti à l’écoute de la musique. Le tout dégageant une beauté captivante.

All Them Witches poursuit donc son ascension, affirmant son importance grandissante et nous livrant une fois de plus un album séduisant dès la première écoute et se bonifiant ensuite à chaque passage. Un excellent moment de rock que l’on espère pouvoir prochainement reprduire en live, leurs shows étant aussi soignés que leurs disques.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s