Foo Fighters – Medicine At Midnight

Note : 3.5 sur 5.

Le fait est incontestable, les Foo Fighters font partie des quelques groupes qui dominent le monde du rock depuis une bonne vingtaine d’année. Des hordes de fans, des tournées de stades à travers le monde. Et de tous ces groupes, Dave Grohl s’est imposé comme le leader générationnel des ex grunges devenus jeunes quadras. 

Plus fun, moins cérébrale et torturée que chez Nirvana, Alice In Chains ou Soundgarden, la musique des Foo Fighters a souvent pris des allures d’hymnes rock taillés pour le live. Vite résumé cela donne « faisons la fête et arrêtons de nous faire des noeuds au cerveau ». Et il faut croire que les fans avaient besoin de cela, ainsi les petites soucoupes volantes ont triomphé en quelques années et trois albums en forme de coups de maîtres.

Seulement voilà, une telle popularité oblige. Et voici nos chers amis pris dans la trappe à succès. Celle qui condamne à se répéter ou à subir les foudres du public, parlez-en aux Red Hot Chili Peppers qui se débattent depuis trente ans à tenter de sortir de l’ombre de Blood Sugar Sex Magik (1991 Warner Records).

Pour Medicine At Midnight (2021 Roswell Records) Dave Grohl en est venu à ignorer la menace. Il faut dire qu’après un Concrete And Gold (2017 Roswell Records) en fait pas si mauvais mais qui n’avait pas vraiment convaincu il a fallu choisir entre continuer dans l’impasse ou renverser la table. 

Et que trouvons nous donc là dedans ? Un disque plus dansant, aux arrangements rythmiques plus élaborés, le tout conservant une esthétique majoritairement rock. Profitant d’une atmosphère paranormale régnant dans le manoir loué pour le temps de l’enregistrement – pistes rajoutées ou effacées sans explication rationnelle nous dit-on, bruits inexpliqués en tous genres – les musiciens se sont laissés aller à expérimenter. 

Et même si tout n’est pas réussi, on se plaît à entendre les Foo Fighters enfin prendre des risques. Des choeurs féminins surprenant et pertinents dans « Making Fire », un jeu sur les silences beaucoup plus exploité sur « Shame Shame », moins de riffs systématiques, les américains sont clairement entrés dans une nouvelle période artistique. Et ambitieuse de surcroît, avec le morceau titre « Medicine At Midnight » il s’agissait d’aller jouer dans la cour de David Bowie et de son « Let’s Dance ». Le résultat en demi teinte offre néanmoins de bons moments dans les refrains et un solo de guitare en forme d’appel du pied à Mark Knopfler, à l’instar de ce qu’expliquait Nicolas dans sa très bonne – et courageuse –  chronique sur Albumrock.

Une plus grande marge créatrice a été également laissée à Taylor Hawkins qui a retrouvé le style qui nous avait plu dans son album The Birds Of Satan (2014 Coattail Riders). « Shame Shame » encore ou « Cloudspotter » offrent ainsi des patterns de batterie solides et bien agrémentés de multiples percussions à main. 

Pour autant les Foos ne se sont pas perdus en route et « No Son Of Mine » vient nous rappeler que le rock reste le coeur de leur ADN. Il signent avec ce riff vengeur que n’auraient pas renié Lemmy ou James Hetfield le meilleur morceau de l’album, peut être aussi le plus facile à valider pour les fans. De même le final de « Waiting On A War » permettra de bouger sa tête d’autant qu’il faudra au préalable encaisser cette ballade naïve dans un style main sur le coeur très américain avant d’avoir notre récompense.

Pour la production Greg Kurstin a pris du galon. Lui qui avait contribué à quelques chansons sur Concrete And Gold s’est retrouvé à la tête du navire Medicine At Midnight. Et compte tenu de la physiologie des nouvelles compositions, ce choix semble bien vu. Kurstin a permis d’assumer et de bien mettre en valeur les nouvelles sonorités sans pour autant éteindre les guitares.

Ce dixième album ne vient pas remplacer le fantastique The Colour And The Shape (1997 Roswell Records) dans le coeur du rédacteur, et il restera probablement une oeuvre mineure dans la discographie du groupe, quoique. Il sera peut être le disque préféré de ceux qui d’ordinaire ne les aiment pas beaucoup. Il apporte pourtant une touche différente et finalement appréciable. Du coup, alors que l’on croyait leur carrière toute tracée en mode « 130 file de gauche », les Foo Fighters nous réserveront peut être d’autres moments surprenants comme celui-ci. Vivement.

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