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On peut se quitter bons amis. Tenez, prenez le cas de Kamtin Mohager. En laissant Teenage Wrist (dont nous avions chroniqué l’album d’après départ) pour fonder Heavenward, il a quand même pu compter sur le guitariste Marshall Gallagher – non, pas de lien avec qui vous savez – pour composer ce premier disque.
Au final, quarante minutes de grunge alternatif, post grunge, grungegaze, (rayez la mention inutile) très réussies du point de vue des atmosphères. Des minutes planantes, enveloppantes, espérons que ces deux là aient envie de refaire un bout de route ensemble.
En playlist : Be My Blues
Le quatuor alsacien nous a dévoilé fin octobre son premier album après un EP fort bien troussé publié en 2022. Au menu de ces quarante minutes tout pile, onze titres de rock indé aux références plutôt britanniques pour la musique et plutôt américaine pour la production. Bien installé sur du mid tempo, Little Dreamer enchaîne les refrains accrocheurs (à l’image de celui de la chanson titre) dans des compositions aérées à la puissance dosée.
Ce qu’il faut là où il faut, les quarante minutes filent et Sixty Hours pourrait bien réveiller la scène post grunge de notre petit pays. Comme le dit la formule consacrée, c’est tout le mal qu’on leur souhaite.
En playlist : Little Dreamer
Artisan d’une bande son fantasque d’un monde à la fois fou et profondément désespéré, le québécois Karl Gagnon a sur ce troisième album décidé de traiter nos interrogations autour de la Mort. Toujours adepte d’un rock electro ne reniant pas également ses influences nu metal et même un peu progressives, les douze titres de Baloney Suicide n’en renferment pas moins un authentique noyau pop et une bonne dose d’humour noir.
Une sorte de grand bal de l’angoisse terminale, vous serez surpris de voir à quel point vous aimerez y revenir.
En playlist : Butane
Il y a des groupes français ambitieux, nous les chroniquons aussi souvent que possible. Prenez les bretons de Cent Détresses qui sortent leur premier album après deux EP. Le visuel nous évoquait plutôt un groupe de progressif, nous nous prenons en pleine face une production de niveau international truffée de chansons puissantes, remarquablement chantées. Voilà le genre de disque qui pose une identité forte. Cent Détresses joue un rock alternatif solide, à fleur de peau, on y croise à la volée et entre autres Saez, dredg, ou encore Axel Bauer.
Ce rock français a de l’avenir indéniablement pour peu que les médias se soucient de l’amener au public. Filez écouter Cent Détresses !
En playlist : La Gardienne
Pour le dire d’une façon volontairement étrange, les norvégiens sont une fois de plus surprenants, comme d’habitude.
Et si leur changement de vocaliste à pu faire baisser le curseur de l’agressivité au profit de quelques passages de chant clairs, Kvelertak reste une machine à distribuer des claques entre metal, hardcore, punk et stoner. Une richesse musicale qui d’ailleurs se retrouve aussi dans le choix de la thématique des textes, mêlant références historique nationales et philosophie notamment sur le sujet de la relation à la Nature, sujet éminemment norvégien.
Un cinquième album qui renforce la discographie du groupe tout en apportant un peu de nouveauté stylistique, Kvekertak a décidément tout compris.
En playlist : Krøterveg Te Helvete
Le très recommandable magazine Longueur d’Ondes ne s’y est pas trompé en situant Lame « dans la veine des emblématiques Interpol et Franz Ferdinand ». Les huit titres de ce premier album irradient une intensité sombre contrebalancée par des moments purement groovy qui donnent une furieuse envie de se dandiner. Une musique que l’on se plaira donc à qualifier de polymorphe, explorant la palette émotionnelle de l’Etre Humain depuis son désir d’introspection jusqu’à son envie de divertissement.
Lame fusionne deux genres a priori éloignés, on aime ce genre de surprises !
En playlist : Break Up , Make Up
Le trio parisien fait partie de ces groupes français qui pourraient bien fonctionner à l’étranger avant même d’obtenir la reconnaissance dans leur propre pays. Mais pour le coup, si d’ordinaire le public français a superbement tendance à ignorer ses musiciens, cette fois-ci comment en vouloir aux fans de rock tant Storm Orchestra sonne tout sauf français ?
Taillé pour l’international (non, pas la salle parisienne, au contraire), What A Time To Be Alive offre un concentré d’énergie rock et de puissance qui place le groupe dans la lignée directe des Muse ou Nothing But Thieves, bref des grosses machines.
Il ne reste plus qu’à leur souhaiter un destin au moins aussi successful !
En playlist : Piece Of You
Du blues mais pas n’importe lequel, le blues rugueux du delta, mais made in France ! Des riffs gras, une rythmique qui vous cloue au sol, une voix éraillée au papier de verre, voilà le deuxième album éponyme des Blue-Footed Boobies. On pense à RL Burnside, mais aussi un peu à T-Model Ford et Junior Kimbrough et fatalement aux juke joints du Mississippi. Ce blues dit parfois rural, nos quatre solides gaillards pas nés de la dernière pluie le connaissent par coeur et savent le restituer avec une passion absolument communicative, la bonne humeur en plus.
A écouter et filer chercher vos plus belles pompes bleues, vous pourriez en avoir besoin pour bouger !
En playlist : Shake Your Booty
Qui a dit que les batteurs n’étaient bons qu’à cogner ? Et c’est vrai qu’en la matière, John Robert Conners est souvent portée aux nues, notamment pour son travail au sein de Cave In (Chroniqué pour Heavy Pendulum et Final Transmission).
Il nous revient pour un projet solo passionnant et démoniaque, mélange de rock, de drone, d’électro et où sa batterie se fait puissante et mécanique, les sonorités lancinantes et les voix ensevelies, torturées. Une sorte de bande sonore de l’enfer.
En playlist : Howl
Un dernier shot de bonne sondes avant de plonger dans l’automne avec ce petit EP tonique du quatuor avignonnais Darwells dont ce Life est le second chapitre discographique. Le rock alternatif est à l’honneur, Kings Of Leon et The Kooks sont passés par là.
Quatre titres en anglais, concis, précis dans l’interprétation, très accrocheurs et qui laissent espérer un excellent album qui viendra bien vite espérons. En attendant, profitons, le groupe montre de l’aisance aussi bien quand il s’agit de faire danser que dans les riffs et refrains catchy. Et même quand l’énergie redescend pour clôturer le programme, l’intensité reste la même.
Un joli coup.
En playlist : Love Ya
La charmante ville balnéaire de Bristol au Royaume-Uni devrait bénéficier d’une Appellation d’Origine Contrôlée pour la qualité de sa riche scène musicale. Le duo – qui annonce déjà revoir son line up pour les sorties futures – nous régale une fois de plus avec son shoegaze ample, beaucoup plus remuant que ce que le genre nous donne à entendre d’ordinaire. Chez Nossiennes le punk vient muscler le propos mais aussi l’afrobeat et un chant parfois agressif qui nous prend totalement à contrepied. Et c’est bien sûr ça qu’on aime.
Un album presque d’avant garde pourrions nous dire, en attendant le nouveau visage du groupe.
En playlist : Mazurka
Quelque part entre le supergroupe et le big band, la fusion de Komodor et de Moundrag (dont il est déjà question ici) produit un rock puissant, psychédélique et qui bénéficie de la force du nombre.
Nous avons probablement face à nous la formation la plus authentique en matière de revival 70’s, musicalement d’abord avec le goût pour l’expérimentation, l’ambition musicale, la spontanéité ; le son des guitares, de l’orgue apportant une coloration unique. Ajoutons, et ce n’est pas anecdotique du tout, un pur look vintage qui nous transporte littéralement dans le temps. Et croyez nous sur parole, le voyage en vaut la peine.
En playlist : Marie France












