Popincourt – We Were Bound To Meet

Note : 4 sur 5.

Label : Milano Records

On aime à retrouver Olivier Popincourt comme on aime à retrouver un vieil ami. Ici pour le troisième chapitre d’une discographie toujours marquée par l’élégance des compositions, l’esthétique soignée des visuels, l’exigence d’une pop cultivée aussi bien issue du punk que du jazz.

Photo : Gerald Chabaud

Un album de Popincourt se vit un peu comme une grande réunion de famille, il y a bien sûr les amis de toujours, Gabriela Giacoman de French Boutik (dont il est question ici), la chanteuse et flûtiste Susanne Shields, Olivier Rocabois (très apprécié dans nos colonnes ici et ), l’arrangeur Sébastien Souchois, le graphiste Serge Hoffman (French Boutik également) ou encore l’ingénieur du son Olivier Bostvironnois. Ceci étant dit, l’approche a néanmoins évolué, le chanteur et guitariste prenant cette fois-ci l’initiative d’enregistrer lui-même guitares et basses, confiant seulement les pianos à Olivier Bostvironnois et la batterie à Guillaume Glain, un habitué de chez le Sieur Rocabois et qui cumule ainsi les apparitions sur les albums des Oliviers pratiquant la pop de haute tenue.

10 titres, 31 minutes, une sorte de perfection formelle vous diraient certains amoureux de la pop. Assurément une concision qui balaie toute possibilité de redite et qui fait de We Were Bound To Meet un disque divertissant à écouter, un petit monde classieux où le temps file agréablement. 

Les compositions irradient l’élégance, la soul music. La superposition des accords jazz et des arrangements de cordes subtils ne peuvent laisser indifférents comme sur « Little Rainfall Intense Sunshine » ou sur le single « The Worst Of Lullabies » dont le thème restera dans plus d’une tête. Miss Shields se voit même confier le premier rôle sur une des plus belles réussites de ce disque, la superbe « Road To Recovery » et son clip très drôle à voir absolument

Mais l’Islais ne revendique pas que les chansons propres et bien peignées, le rock peut s’inviter également à la table. « Love On the Barricades » présente un visage plus mordant et cite même The Jam avec ce break introductif de batterie reproduisant avec panache l’intro de « Thick As Thieves ».

A la réalisation Olivier Bostvironnois a créé un univers sonore aéré qui laisse la part belle aux atmosphères, aux cordes et aux voix, mettant un peu la guitare en retrait pour donner une sensation de douceur enveloppante, sensation que l’on retrouve un peu comme une constante dans les oeuvres du natif de l’Ile d’Yeu. Disons d’ailleurs un mot à ce sujet, Popincourt ayant voulu  rendre un hommage sensible à son Ile en lui consacrant une chanson au titre plein de malice, « Song For Yeu » qui clôt l’album avec prestance.

We Were Bound To Meet s’inscrit donc dans la continuité, Popincourt creuse son sillon, une pop finalement très personnelle, accrocheuse et faite entre amis mais qui s’adresse à tous. Il bâtit une oeuvre lumineuse qui ne doit pas rester confidentielle.

En playlist : The Worst Of Lullabies

Laisser un commentaire