pg.lost – Oscillate

Note : 4 sur 5.

Si de l’extérieur le post rock s’apparente à un truc arty élitiste, un genre de metal ralenti, disséqué, quasi déshumanisé par son approche instrumentale, on y découvre en grattant un petit peu une grande richesse de cultures, une recherche musicale poussée parfois à l’extrème et une communauté de fans passionnés. Comme dans plein d’autres genres nous direz-vous et vous n’aurez pas tort.

Dans ce paysage pg.lost compte parmi les fers de lance depuis leur premier EP Yes I Am sorti en 2007. Aujourd’hui, Oscillate (2020 Pelagic Records), leur cinquième album studio.

Le post rock requiert puissance, endurance mais aussi et surtout patience ce que les suédois s’emploient à démontrer dès les premières minutes d’ »Oscillate », le morceau titre où il s’écoule près de deux minutes d’une lente construction atmosphérique avant que le thème ne surgisse. Ce thème lui-même s’enrichit progressivement de multiples couches de guitares mais pas uniquement. Les claviers jouent chez pg.lost un rôle plus actif qu’ailleurs, donnant à leur musique ce côté cinématographique, ce côté science-fiction. 

De même le quatuor ne craint pas d’élever un peu le tempo ce qui permet d’alterner entre le dynamisme d’un mouvement modéré et la puissance d’un tempo dédoublé. « E22 », « Mindtrip » ou « Shelter » en sont des illustrations parfaites, des orchestrations auxquelles il ne manquerait que le chant pour en faire de solides morceaux de rock alternatif. En post rock, cela donne plutôt des fins tempétueuses, des tourbillons soniques de guitares et de cymbales.

Mais pg.lost n’en perd pas pour autant sa filiation au post rock, l’art du crescendo. A ce titre « Waves » fait plus que rassurer. Mais le meilleur reste pour la fin, la construction sur « The Headless Man » fait figure de démonstration. 5 minutes de méandres avant que le thème ne se dessine clairement avant une conclusion en apothéose.

Les habitués des groupes suédois pourront trouver une parenté entre ce qu’ils entendent sur Oscillate et Cult Of Luna, c’est même assez flagrant sur « Suffering » ou « Eraser ». Pas étonnant lorsqu’on a un bassiste en commun et qu’on fait produire son disque chez Magnus Lindberg qui accompagne Cult Of Luna depuis plus de vingt ans à la réalisation d’albums. En résulte un son plus massif et plus dark, nous faisant pratiquement basculer dans le post metal, oui ça existe et c’est très bien en plus.

Tant que ce cousinage servira de passerelle pour les auditeurs tant mieux, mais il ne faudrait pas que pg.lost devienne simplement la version instrumentale de Cult Of Luna.

Oscillate n’en reste pas moins un disque fort, fourmillant de détails, attirant pg.lost vers le côté sombre du post rock.

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